Que faire ? Toi si mal, moi si mal. Alors on s'allie et on vit notre jeunesse comme deux personnes en mal d'être. Nous envers et contre tous. On m'a poussé jusqu'au pied d'une falaise, que faire ? Résister, se battre, continuer ou lâcher prise et se laisser glisser dans cette chute ? Combien de temps tiendrai-je ? A quoi bon ? Aurais-je la force ? Trop de questions pour un corps si fragile. Alors oui, j'ai tenté de cacher ce mal, de me voiler la face et de continuer comme si rien de tout cela n'avait existé, mais je ne peux plus. Je n'arrive plus. Ma force a disparu. Tous ses mots me tuent, me détruits à petit feu. La vie me fait trop souffrir, elle m'anéantie. Pourquoi moi ? Pourquoi ne peut-on pas me laisser tranquille au moins un instant ? Je me suis déjà relevée mais là, c'est différent. Tout s'accumule et je me noie dans un océan de reproches, de dégoût, de haine. La pitié n'existe plus. Et puis je t'ai croisé, toi. Au plus bas. Les mêmes questions fourmillant dans nos esprits, la même vision de choses. La même méfiance, le c½ur détruit. La vie, tellement décevante. Nous touchons le fond.
.....Mais j'ai peur. Toi tu me parles d'hier, pas de demain. Toi, tu me parles de présent car l'avenir te semble impossible. Toi tu me parles de nous, comme si personne ne nous détachera jamais. Toi tu me parles de bonheur à deux. Et puis, tu me parles d'en finir. D'arrêter cette vie de malheur. De partir tous les deux pour toujours, retrouver un endroit meilleur tout là-haut. Mais je ne veux pas, j'ai peur, j'ai mal. Pourquoi ? Pas toi, pas nous. Impossible, ce serait trop dur. Inacceptable. Si tu pars, je partirai avec toi. Je te rejoindrai, sois en sûr. Que de larmes cachées, que de peurs dissimulées, face aux autres. La vie n'est que mensonge, on ne dévoile que ce que l'on désire dévoiler. Je tremble, frissonne. J'ai besoin de te voir, de te parler. De te sentir près de moi, nous deux ensemble. De sentir ton c½ur frapper contre ta poitrine. De te confier tout ce qu'il se passe dans ma tête, de te rassurer, que tu me rassures. Nous sommes liés, si tu tombes je tombe. Inversement. Notre amour tente de combler notre manque affectif et notre déception face aux autres. Tu me dis que c'est le début de la folie. Peut-être... Dans ce cas, nous sommes deux fous. Et j'écoute ta musique, et je lis tes romans, et je ressens ta douleur, ta peine et j'ai peur. Et mes pensées fusent, les questions s'entrechoquent. Est-ce une dépression ? Est-ce de la folie ? Comment le savoir ? Heureusement, tu es là.
..... Je te retiens en vie. Tu me retiens en vie. Et ce, pour longtemps. J'espère.
Et si un jour tu m'oublie, souviens toi juste que tu aura été toute ma vie.